Bruxisme : que faire ?


Dr Roul-Yvonnet » Interventions chirurgicales » Pathologies médicales » Bruxisme : que faire ?

Bruxisme : définition et causes

Qu’est-ce que c’est ?

Le bruxisme se définit comme un mouvement inconscient et sans but précis de la mandibule (os de la mâchoire inférieure),

– soit par un mouvement vertical (serrement des dents) ;

– soit par un mouvement horizontal antéro-postérieur ou latéral (grincement de dents).

Chez l’enfant, il peut être physiologique et donc normal : il participe à la chute des dents déciduales (dents de lait) et au développement de la mâchoire. Il ne faut généralement pas s’en inquiéter.

 

Chez l’adulte, le bruxisme peut être un bruxisme diurne (journée) ou le plus souvent nocturne : le patient ne se réveille pas et ne s’en aperçoit pas. C’est une affection fréquente, puisqu’elle toucherait jusqu’à 10 % des adultes entre 25 et 50 ans, avec une légère prédisposition féminine.

 

Bruxisme : causes

Il existe de nombreuses causes à l’origine du bruxisme :

  • Causes mécaniques : troubles des mâchoires et de l’occlusion dentaire (bruxisme machoire).
    Dans ce cas, le patient grince des dents pour ressentir un contact dentaire ou serre les dents pour gagner en confort.
  • Causes nerveuses : phénomènes anxieux au sens large ; prises de certains médicaments types antidépresseurs ou de toxiques type drogues.
  • Causes fonctionnelles : une déglutition anormale avec mauvaise position de la langue peut être cause de bruxisme ou encore un trauma maxillo-facial avec contracture musculaire résiduelle.

Symptômes et conséquences

Comme le mouvement est inconscient et que le bruxisme diurne est rare, le patient consulte rarement pour bruxisme.

Les principaux symptômes observables par le patient ou le praticien résultent donc des conséquences du bruxisme (bruxisme mal de tête, bruxisme et migraine, bruxisme oreille bouchée, bruxisme et vertiges…). Ces conséquences se regroupent en trois grandes catégories : dentaires, musculaires et articulaires.

 

Conséquences du bruxisme sur les dents

Les contraintes mécaniques du bruxisme finissent à terme par abimer les dents, avec principalement :

  • Des abrasions dentaires : c’est une usure de l’émail sur la face occlusale des dents, qui se traduit par une usure sur la hauteur. Elles sont prépondérantes lors de grincement des dents.
  • Des abfractions dentaires : c’est une perte de substance dentaire au niveau du collet, c’est-à-dire à la limite entre la couronne et la racine. Prépondérantes sur le bruxisme statique avec serrement des dents, elles seraient liées à des microfractures liées aux contraintes mécaniques, entrainant alors une déminéralisation de la dentine.

 

Toutes ces lésions augmentent alors le risque de caries, de déchaussement, de douleurs dentaires, de fêlures ou de fractures dentaires.

 

Les mêmes contraintes mécaniques s’exercent évidemment sur des prothèses, pouvant entrainer alors des pertes d’amalgames, des descellements de couronnes, des échecs d’implants

 

Conséquences sur les muscles

La contrainte mécanique du bruxisme s’exerce de la même manière sur les muscles de la face et de la mâchoire, notamment les masseters, les temporaux et les ptérygoïdiens latéraux.

De la même façon qu’un exercice de musculation, une fatigue musculaire s’installe avec tension, raideur, contracture, douleur. L’hypertrophie musculaire qui en découle parfois peut avoir des conséquences esthétiques disgracieuses, donnant une forme de mâchoire carrée.

 

Les contractures musculaires peuvent aussi avoir des conséquences fonctionnelles (limitation d’ouverture, élocution, mastication…), mais elles sont essentiellement source de douleurs, pouvant irradier à toute la tête, à la nuque, aux épaules ou au haut du dos.

 

Conséquences sur l’articulation ATM

L’articulation temporo-mandibulaire (ATM) unit la mandibule au crâne, en assurant les mouvements entre l’os mandibulaire et l’os maxillaire.

 

Le bruxisme a des conséquences sur cette ATM, occasionnant des troubles fonctionnels : dans un premier temps, il y a rupture du frein postérieur entrainant un déplacement vers l’avant du disque articulaire ; dans un second temps, ce disque déplacé peut se fragmenter : les cartilages articulaires désormais en contact s’usent de manière prématurée, aboutissant dans un troisième temps à une arthrose et à un processus dégénératif.

 

Outre la douleur, les symptômes sont essentiellement fonctionnels : craquements, limitation à l’ouverture buccale, troubles de la mastication (surtout les aliments durs) voire dans les cas les plus graves, des difficultés d’élocution.

Traitements du bruxisme

Diagnostic

Ce diagnostic est essentiellement indirect, puisqu’il se fait sur les conséquences visibles. C’est un faisceau de preuves, où le praticien écarte les autres causes possibles.

Plus il y a de conséquences, plus le diagnostic en devient évident.

 

Bruxisme solution

La solution idéale théorique est de trouver la cause du bruxisme et de traiter cette cause. Lors de trouble de l’occlusion dentaire, le praticien va effectuer un traitement orthodontique ou une chirurgie des mâchoires selon les cas.

Si le traitement d’une cause mécanique est relativement facile, la solution devient beaucoup plus compliquée sur des causes nerveuses ou psychologiques. C’est pourquoi la prise en charge du bruxisme implique souvent une approche polyfactorielle et globale.

Prise en charge

  • Traitement par gouttières : une gouttière occlusale sur-mesure portée la nuit au moins 3 mois a une fonction protectrice (elle protège les dents des contraintes mécaniques) et une fonction thérapeutique (les contraintes musculaires étant diminuées, il y a moins de douleur et la mandibule peut se repositionner)
  • Traitement médicamenteux : les antiinflammatoires, les antalgiques ou les myorelaxants peuvent être prescrits comme traitement symptomatiques. De nombreuses publications internationales confirment l’intérêt et l’efficacité de la toxine botulique dans le traitement du bruxisme.
  • Traitement par kinésithérapie : la kinésithérapie vise à rééduquer les muscles et la mâchoire, pour qu’ils soient moins douloureux et moins contractés, tout en diminuant la compression de l’ATM.
  • Toxine botulique et bruxisme : technique de choix, la toxine botulique permet de relâcher la tension musculaire en les paralysant volontairement et temporairement. Les injections se font principalement dans les muscles masséters, et/ou temporaux et/ou ptérygoïdiens latéraux. L’effet de la toxine botulique dure environ 4 mois mais l’injection entraine un déconditionnement de l’habitude et peut suffire dans la majorité des cas à diminuer significativement ou arrêter le bruxisme et donc entrainer une diminution des douleurs et une amélioration de l’ouverture de bouche. Un bénéfice esthétique peut également être présent en cas d’hypertrophie des masseters, la toxine va entrainer une diminution du volume de ces muscles et donc un afinement du bas du visage.

Si besoin les injections peuvent être renouvelées au bout de 4 à 6 mois.

Seul un praticien experimenté peut effectuer ces injections, en expliquant au préalable les effets, les contre-indications et les éventuels risques.

Le Docteur Flore Roul-Yvonnet

Le Docteur Flore Roul-Yvonnet, chirurgien maxillo-facial (Paris 14), est spécialisée en chirurgie maxillo-faciale et stomatologie. 

Qu'avez-vous pensé de cette page ?

Notez-la

Note moyenne 4.5 / 5. Nombre de votes : 16

Pas encore de note, notez en premier !

Nous sommes désolés de savoir que cette page vous déplait

Aidez-nous à l'améliorer

Comment donner de la valeur à cette page selon vous ?